Archives pour la catégorie Droits Humains

DJIBOUTI : Justice perverse et France muette

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Observatoire pour le Respect des Droits Humains à Djibouti

(ORDHD)

orhd@hotmail.com

 

 

Publication l’Humanité 13 octobre 2016

Justice perverse et France muette

La justice djiboutienne a ordonné la remise en liberté d’un opposant. Il est toujours en détention.

Quand la chambre d’accusation de Djibouti annule, jeudi 6 octobre, toute la procédure à l’encontre de Mohamed Ahmed Edou, alias Jabha, et ordonne sa remise en liberté immédiate, ce membre de l’opposition djiboutienne croyait bien en avoir terminé avec un chemin de croix débuté six ans auparavant.

En juin 2010, le militant du Front pour la restauration de l’unité et de la démocratie djiboutien (Frud) avait été arrêté pour « coopération avec un État ennemi » – en l’espèce L’Érythrée.

« Une procédure vide. » s’insurge aujourd’hui encore son avocat français, Me Bérenger Tourné, qui dénonce un mauvais procès politique digne d’une république bananière. Depuis lors, un vaudeville pervers se joue dans les couloirs de la justice de ce petit pays très stratégique de la Corne de I’ Afrique, néo colonie et base arrière militaire historique de la France et unique base états-unienne sur le continent. Non seulement Mohamed Ahmed Edou continue de croupir dans sa cellule mais, pour détourner l’attention de cette détention arbitraire, M. Maki Omar, le procureur de la République de Djibouti, a décidé d’allumer un contre-feu en s’attaquant à Me Tourné pour ses propos tenus sur RFI lundi dernier. « J’avais parlé de cinq ans de procédures vides, de droits de l’homme bafoués et de tortures. Sans doute découvre-t-il les droits de la défense à l’occasion de cette affaire…Quoi qu’il en soit. Plutôt que d’envisager de régler ses comptes avec son défenseur, il devrait plutôt réfléchir aux éléments qu’il devra apporter au Haut-Commissariat pour les droits de l’homme de l’ONU, que j’entends saisir sur le dossier Jabha. »

Un dossier d’accusation peu épais

Cette victoire des défenseurs de l’adversaire du Frud se transforme ainsi en un imbroglio qui risque de retarder la mise en liberté de l’opposant détenu dans conditions particulièrement dramatiques. « Les prisonniers sont entassés à plus d’une centaine dans des salles trop petites. Il y a la tuberculose et de la malnutrition. », rappelle Mohamed Kadamy, opposant en exil en France, qui a connu pendant trois ans les geôles du régime d’Ismaïl Omar Guelleh.

Ce qui inquiète particulièrement Me Tourné. « Je demande de nouveau au gouvernement djiboutien de revenir à plus d’État de droit, et aux autorités françaises d’intervenir pour que Jabha soit enfin élargi, après six ans de détention sur la base d’un dossier d’accusation pas plus épais qu’un smartphone ! » insiste-t-il. Il y a deux ans, la France avait demandé Djibouti de respecter les règles du jeu du droit international. En vain. À l’heure actuelle, 13 personnes sont enfermées dans les geôles du régime sans procès équitable, pour sympathie ou simplement parenté avec des membres du Frud.

STÉPHANE AUDOUARD

 

DEPUIS 1977, DJIBOUTI N’A CONNU QUE DEUX DIRIGEANTS. HASSAN GOULED APTIDON ET DEPUIS 1999, SON NEVEU ET ANCIEN DIRECTEUR DE CABINET, ISMAÏL OMAR GUELLEH. »

L’Humanité 13 octobre 2016

APPEL DE LA DIASPORA DJIBOUTIENNE DE BELGIQUE POUR LA LIBERATION DE JABHA,

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Observatoire pour le Respect  des Droits humains à Djibouti
(ORDHD)   
ordhd@hotmail.com

APPEL DE LA DIASPORA DJIBOUTIENNE DE BELGIQUE POUR LA LIBERATION DE JABHA,
le plus ancien prisonnier politique à Djibouti
A l’appel de la Diaspora Djiboutienne de Belgique, un grand rassemblement de soutien à  Mohamed Ahmed « Jabha » est organisé ce mercredi 26 octobre 2016 devant les locaux de la commission européenne à Bruxelles.
 Détenu arbitrairement et  torturé depuis juin 2010 à la sinistre prison de Gabode, il demeure le prisonnier personnel du dictateur Djiboutien qui s’était félicité de son arrestation en proclamant dans un discours au conseil de sécurité de l’ONU avoir « capturé le principal dirigeant du FRUD ».
Malgré  la récente décision de libération immédiate prononcée par la chambre d’accusation de la Cour d’Appel le 6 octobre 2016, annulant l’ensemble de la procédure visant Mohamed Ahmed dit  Jabha, le Président de la République a décidé son maintien en prison.
Les seules  charges qui pèsent sur sa personne n’étant que d’ordre politique comme l’atteste la déclaration du Premier ministre à l’Assemblée nationale : « Jabha ne sortira pas de prison tant que je serai aux affaires »
Au moment où le pays traverse une grave crise existentielle dans un contexte régionale plus qu’incertain, nous lançons un appel pour une réorientation de la question nationale en vue de la refondation d’une république qui ne laisse aucun de ses enfants  sur le bord du chemin.
 
Alors rendez-vous massivement le 26/10/2016 de 14h à 16h30 au rond-point Schuman afin d’exiger la libération immédiate de Jabha.
Contacts : 00 32 46 59 48 878
                    00 32 49 98 80 397
                    00 32 49 3876 186

ARRESTATIONS ARBITRAIRES à Djibouti

getattachment-aspx1Observatoire pour le Respect des Droits humains à Djibouti (ORDHD)

17 rue Hoche F-93100 Montreuil-sous-Bois

ordhd@hotmail.com

Communiqué de Presse

LDDH | Par OMAR ALI EVADO, Président de la LDDH – 18 Septembre 2016

Selon les informations sûres et concordantes recueillies par la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) les arrestations continuent au NORD et particulièrement dans le District d’OBOCK.

KAMIL MOHAMED BOURHAN a été arrêté Mercredi 14 Septembre par le Service de Sécurité (Police) et l’on ignore son lieu de détention. Il y a lieu de signaler que c’est la deuxième fois que KAMIL MOHAMED BOURHAN est arrêté, sa première arrestation remonte en Avril 2016. Sa famille n’est pas en mesure d’expliquer les raisons ayant motivé son arrestation.
Samedi 17 Septembre 2016, c’est un notable appointé de la même région (ASSASANE) qui a été arrêté. Il s’agit de : MOHAMED DINI ADOYTA
L’on ignore également ce qui est reproché à ce notable car sa famille se trouve dans l’ignorance de ce qui lui est reproché.
Selon nos dernières informations MOHAMED DINI ADOYTA a été transféré à Djibouti ce dimanche.
La LDDH dénonce et condamne vigoureusement ces arrestations illégales et arbitraires et demande aux autorités du régime en place de libérer ces 2 personnes.

Enfin tout un chacun a appris qu’une épidémie de choléra sévit dans les deux districts du NORD (TADJOURAH et OBOCK). Selon nos informations recueillies par nos correspondants de ces régions, la réponse des autorités manque de cohérence et de pertinence.
La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) demande aux autorités sanitaires du pays d’intensifier les traitements des personnes atteintes de cette terrible maladie afin d’éviter une propagation.

Le Président de la LDDH

OMAR  ALI  EWADO
LDDH – Ligue Djiboutienne des Droits Humains - BP 2578, Cite HAYABLEH – Balbala, Djibouti – République de Djibouti

Deux exécutions extrajudiciaires à Djibouti par l’armée

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ordhd@hotmail.com

2 bergers Afar torturés à mort par l’Armée Djiboutienne

Le martyr des populations du Nord et du Sud-ouest de Djibouti

Crimes de guerre dans cette région de la part des forces gouvernementales

Depuis début août, l’armée djiboutienne a essayé par tous les moyens d’empêcher l’installation des éléments du FRUD dans une zone stratégique de Yegger (près de la localité Daoudawya) à proximité de corridor Yoboki Ethiopie.

  • en envoyant des troupes pour combattre le FRUD. Le 15 août.

Devant l’échec de cette offensive, l’armée qui a aussi subi des déboires à Margoïta, se venge comme à l’accoutumée sur les civils de ces zones enclavées, martyrisées et laissées pour compte par la volonté du prince.

L’armée a torturé jusqu’à la mort deux nomades qui étaient à la recherche de leur chameaux : il s’agit d’Ali Oumar Mohamed et Houmed Kamil Mohamed.

Le chef d’Etat major de la défense le général Zakharia Ibrahim accompagné d’autres officiers et le ministre de l’intérieur Hassan Omar ont félicité et promus aux grades supérieurs les militaires coupables d’exactions contre les civils, en particulier ceux qui ont torturé à mort les 2 bergers.

Les 2 personnalités militaire et politique, assument clairement au même titre que les soldats coupables ces crimes de guerre.

Le Président de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) Omar Ewado a dénoncé dans un communiqué le 25 août les arrestations massives des civils nomadisant sur le plateau de Dalha et des environs de Moussa Ali, internés et torturés dans des camps militaires

L’ORDHD qui a toujours dénoncé l’impunité dont bénéficient les soldats coupables de crimes, de viols des femmes et des tortures ;

  • demande la fin de l’impunité et une enquête internationale sur les tortures à Djibouti

Pour l’ORDHD : A. COLOMBA

Fait à Montreuil, le 1er septembre 2016

 

Liberté pour Mohamed Hamed dit Jabha

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Observatoire pour le Respect des Droits Humains à  Djibouti (ORDHD)

     ORDHD, Maison ouverte 17, rue Hoche 93100 Montreuil Sous Bois

courriel : ordhd@hotmail.com

 

LIBEREZ JABHA

Emprisonné Depuis mai 2010, à Djibouti

 

Arrêté le 3 mai 2010. Mis au secret  pendant plusieurs semaines. Placé en garde à vue le 26 juin de la même année, cet homme :

  • a été arbitrairement emprisonné et sauvagement torturé ;
  • n’a pas droit à un avocat ;
  • n’a pas droit aux soins médicaux ;
  • n’est  toujours pas jugé.

Plusieurs appels urgents ont été lancés par les organisations de défense des droits de l’Homme et en particulier par l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) pour dénoncer les conditions de détention de Mohamed Ahmed dit Jabha et pour sa libération.

Nous sommes très préoccupés par sa situation.

L’ORDHD

 

Djibouti au bord du chaos

Djibouti au bord du chaos

par IH 

mercredi 27 mai 2015, agoravox le média citoyen

http://www.agoravox.fr

La position stratégique de Djibouti, petit Etat de la corne de l’Afrique situé sur la deuxième voie maritime la plus importante au monde, fait de lui l’un des acteurs majeurs des relations internationales. Ses partenaires se gardent malheureusement de dénoncer les pratiques anti-démocratiques du président Ismaël Omar Guelleh, qui entend briguer un quatrième mandat successif.

Paradoxal Djibouti. Petit par la taille – 23 000 km² de superficie totale, classé 150ème –, l’Etat de la corne de l’Afrique est pourtant l’un des grands acteurs de la géopolitique régionale ; la capitale, Djibouti, éminemment riche de son industrie portuaire, compte jusqu’à 65,2 % de personnes en situation de pauvreté – et 57,4 % en situation d’extrême pauvreté. L’ancienne colonie française, située sur la deuxième voie maritime la plus importante au monde, à quelques encablures de l’effervescent Moyen-Orient, accueille aujourd’hui tout ce que le monde civilisé compte de combattants du djihadisme et de la piraterie maritime. Ce qui n’empêche pas son président-dictateur, Ismaël Omar Guelleh (IOG), de multiplier les exactions et les répressions arbitraires en toute impunité. Tandis que les Occidentaux voient en lui un acteur stratégique dans leurs entreprises géopolitiques internationales, les citoyens perçoivent d’un tout autre œil celui qui a la mainmise sur le pouvoir depuis seize ans. Djibouti, décidément ambivalent, n’est pas le même Etat selon que l’on se place en-dehors ou à l’intérieur de ses frontières.
Des militants se battent dans le Nord du pays pour la démocratie
La situation y est connue de tous, depuis longtemps : en 2010, les indicateurs sociaux du pays viraient cramoisi ; malgré ses ressources – 1,3 milliards de dollars de PIB et une croissance à 5 % la même année –, Djibouti se classait alors 147ème sur 169 en termes de développement humain. Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) indique à ce titre que « la pauvreté y reste endémique et la richesse du pays distribuée de manière très inégale ». De plus, « la population a toujours un accès limité aux services sociaux de base », et « l’espérance de vie se limitait à 56 ans en 2010. » Comme si cette situation catastrophique ne suffisait pas, le gouvernement, régi d’une main de fer par IOG, réprime violemment quiconque s’oppose à sa politique ; le président djiboutien est d’ailleurs fortement soupçonné d’avoir commandité l’assassinat du juge français Bernard Borrel en 1995. Celui-ci enquêtait, à l’époque, sur des affaires mettant en cause, potentiellement, un Ismaël Omar Guelleh encore aspirant chef de l’Etat – il ne parviendra au poste suprême qu’en 1999 – ; l’affaire, qui a un temps terni les relations entre Djibouti et Paris, a malheureusement disparu des discussions bilatérales.
Quoi qu’il en soit, IOG est confortablement installé dans son siège présidentiel ; il compte bien tout faire pour maintenir sa position. En 2010, il modifie la Constitution pour pouvoir être élu une troisième fois consécutive : les manifestations populaires qui éclatent alors sont violemment réprimées. Comme un désolant écho au passé, IOG nourrit l’ambition de se représenter – de se faire réélire serait plus exact – en 2016 pour assurer sa propre succession ; le Nord du pays, fief du Front pour la restauration de l’unité et de la démocratie (FRUD), a commencé à s’embraser début avril en réponse à cette intention malvenue. Depuis deux mois, l’armée djiboutienne est ainsi opposée aux militants de ce groupe politico-militaire, qui se battent pour « un Etat démocratique intégrant toutes les composantes nationales ». D’après Mohamed Kadami, l’un de ses dirigeants, « le président veut briguer un quatrième mandat en 2016. Il pense que le FRUD peut être un obstacle. D’où l’idée d’affaiblir cette force, en lui portant des coups. »
Le monde sait tout des misères de Djibouti mais ne dit rien
Face à cette soif avide de pouvoir, les citoyens épris de liberté et de démocratie peuvent toutefois compter sur la petite diaspora djiboutienne. Le 16 mai dernier, à Bruxelles, devant l’ambassade de Djibouti, des patriotes se sont ainsi rassemblés pour protester contre la tournure que prennent les événements dans le Nord du pays. Les expatriés ont eu vent des pratiques anti-démocratiques du pouvoir en place et de l’armée : entre autres disparitions et arrestations arbitraires, les affrontements font de nombreuses victimes – essentiellement des civils. Pour l’instant, aucune des nations présentes sur le sol djiboutien – la France, les Etats-Unis, le Japon, les Emirats arabes unis et, depuis peu, la Chine – n’a semblé abonder dans le sens de la diaspora. L’opposition attendait du secrétaire d’Etat américain, John Kerry, en visite à Djibouti début mai, qu’il s’entretienne avec IOG au sujet des répressions. Las. L’appel à une « pause humanitaire » du chef de la diplomatie américaine était destiné au conflit qui fait rage au Yémen.
C’est l’un des grands – et regrettables – paradoxes qui touchent Djibouti : tout le monde sait ce qu’il s’y passe, mais personne ne parle. Encore moins les pays qui comptent sur le pouvoir local et ses installations portuaires pour abriter leurs bases et flottes militaires. Ceux-là ne risqueront semble-t-il jamais de compromettre leurs relations avec Djibouti en écornant la réputation de son chef tout puissant. Les intérêts en jeu sont, pour ces nations – occidentales pour la plupart –, supérieurs, sans doute, à quelques atteintes aux droits de l’homme : il s’agit, tandis que le djihadisme moyen-oriental refait parler de lui, de maintenir ses positions dans le Golfe d’Aden.
C’est à croire que l’Occident ne retiendra jamais rien du passé. Sous prétexte de lutter contre le fanatisme quel qu’il soit, les plus grandes puissances se taisent face à des exactions localisées mais tout aussi sérieuses. Les citoyens djiboutiens ont droit, au nom d’une liberté des peuples encore trop bafouée en Afrique, à un sursaut démocratique dans leur pays.